Cancer de la prostate

Voici mon parcours de soins!

Prologue

Mon traitement n'est pas terminé. Je revois régulièrement l'oncologue et l'urologue.

J'ai choisi de raconter mon parcours de soins pour renseigner d'autres malades.

Contact


  • Airel, Normandie, France

Mentions légales


Le site Chemin dans la Brume publie un parcours de soins pour renseigner le public sur le cancer de la prostate.

Les articles, chroniques, reportages et photos sont soumis aux droits d'auteur. Notre travail est sous la protection du droit d'auteur au moment où il est créé et fixé sous une forme tangible qui est perceptible soit directement ou à l'aide d'une machine ou d'un appareil (smartphone, tablette, PC, portable...).

Toutes les reproductions, même partielles, sont interdites sans autorisation écrite.

Auteur du site: Gilles Heuline, contact.

Blog - Articles


Les effets secondaires des traitements contre le cancer de la prostate sont multiples et variés.

En savoir plus
La radiothérapie

Traitement du cancer par radiothérapie

En savoir plus
L'hormonothérapie

Traitement par hormonothérapie

En savoir plus

Pour commencer...


Un Combat pour la Vie.

Prologue

Mon traitement n'est pas terminé. Je revois régulièrement l'urologue et l'oncologue.

Navigation sur le site Chemin dans la brume
Mon parcours de soins raconté dans Chemin dans la brume est chronologique.
Les différentes étapes sont dans le menu de gauche.


Voici mon parcours de soins depuis le début de la maladie

Le 30 décembre 2014 le chemin de la vie que je suivais s’est brusquement recouvert de brume. Ce jour-là mon urologue m’informais que j’étais atteint d’un adénocarcinome prostatique (cancer) à un stade localement avancé. J’ai décidé de raconter ce qui m’arrive dans ce blog que j’ai intitulé "Chemin dans la brume".
Cette nouvelle m’a complètement anéanti. Aussi, je tiens à signaler que le soutien des proches est primordial. En cela je veux nommer mon épouse, Joëlle, qui est constamment à mes côtés dans cette épreuve.
Cette pathologie est silencieuse, sournoise. Je n’avais pas de symptômes spécifiques à proprement parler. Cependant quand j’y repense, avec le recul, mon jet d’urine était moins puissant qu’avant, surtout le matin, mais pas tous les jours. J’avais aussi moins de libido que je mettais sur le compte de l’âge. J’ai peut-être était négligent avec mon état de santé! Pris par mon activité professionnelle, les amis, les loisirs, j’avoue que je n’ai pas toujours été à l’écoute de mon corps ces temps-ci. Maintenant, le principal c’est d’essayer de s’en sortir.

L'urologue et l'oncologue ont mis en place un protocole de soins qui va durer cinq ans.
J’ai commencé mon traitement depuis peu, hormonothérapie et prochainement radiothérapie. Vous pouvez suivre mon parcours étape par étape de lutte contre la maladie sur l’onglet Pour commencer (menu de gauche) .
Si ce modeste blog peut renseigner d’autres personnes, il aura au moins le mérite d’exister.

-Avril 2014: Taux de PSA


Pour la première fois mon médecin me parle des troubles urinaires et du taux de PSA

Par une belle matinée de printemps je me dirige vers le pôle de santé. Tous les trois mois j’ai rendez-vous avec mon médecin généraliste pour le renouvellement de mon ordonnance. J’ai 60 ans et je souffre d’hypertension artérielle et mon taux de cholestérol est trop élevé…quoi de plus banal.
Cependant, à la fin de la consultation, mon médecin me dit:
-vous devez commencer à avoir des troubles urinaires.
Je reste sans voix un moment puis je réponds.
-effectivement le matin le jet d’urine est un peu moins puissant qu’avant.
Mon médecin continue.
-à votre âge c’est normal. Vous ai-je déjà fait contrôler votre taux de PSA?
Je reste dubitatif et surpris.
-non, c’est quoi le taux de PSA?
Mon médecin m’explique que le PSA est l’Antigène Spécifique de la Prostate. C’est un élément primordial pour un diagnostic précoce de cancer. Il permet aussi de suspecter un adénome ou hypertrophie bénigne responsable des troubles urinaires.
Je repars donc pas très rassuré avec mon ordonnance habituelle et une analyse de sang à faire.

La semaine suivante je vais au laboratoire faire la prise de sang. Mon épouse passe chercher les résultats dans l’après-midi. Le laborantin lui dit que tout est normal, mon taux de PSA est à 18.

Le soir, en rentant du travail, je me sens rassurer par ce résultat et l’affirmation du laboratoire. La vie reprend son court normal et je n’y pense plus.

-Juillet 2014: Échographie de la prostate


Mon taux de PSA est trop élevé, je dois passer une échographie de la prostate pour voir son volume.

Début de l’aventure sur le chemin plein de brume.

Mi-juillet, mon médecin traitant étant en congés, c’est une femme médecin qui me reçoit pour le renouvellement de mon ordonnance trimestrielle. Je lui montre les résultats du taux de PSA du mois d’avril. Stupeur, elle m’annonce que le taux est trop élevé… Devant mon étonnement, elle m’explique que pour mon âge il devrait être en-dessous de 4. Puis elle me prescrit UROREC pour faciliter la miction et me fait une ordonnance pour faire une échographie de la prostate. Je ressors du cabinet médical un peu abasourdi. En arrivant chez moi, je fais part de mon inquiétude à Joëlle. Aussitôt, nous nous précipitons sur internet pour faire des recherches sur le taux de PSA. Et là, effectivement, nous avons toutes les explications voulues…adénome, adénocarcinome, hypertrophie, cancer. Rien de très rassurant! Le lendemain, le rendez-vous est pris pour l’échographie. L’appareil d’échographie est le même que celui utilisé pour les femmes enceintes. La partie du corps à explorer est enduite de gel qui facilite le déplacement de la sonde. L’examen est totalement indolore et dure une vingtaine de minutes (2 fois 10 minutes). Au centre de radiologie, on me fait allonger sur un lit. J’ai la vessie pleine et j’ai du mal à me retenir. L’opérateur muni de la sonde échographique me balaie le bas du ventre qui est enduit d’un gel. Puis, après avoir uriné, je repasse le même examen. Le verdict ne tarde pas à tomber:
-vous avez un adénome de la prostate, augmentation du volume d’environ 50% et un résiduel d’urine dans la vessie. Je vous conseille de consulter un urologue si les troubles urinaires persistent.
Pas très sympathique le médecin opérateur, professionnel mais totalement fermé au dialogue. Du moins, c’est ce que j’ai ressenti. Par ailleurs, il n’a pas parlé de cancer. Avec Joëlle je parle de l’échographie, les troubles urinaire ne sont pas plus gênant que ça, c’est surtout le matin que le jet est moins puissant. Dans la journée tout ce passe bien. Comme prévu, nous partons en vacances en Bretagne.

-Septembre 2014: Taux de PSA 2


Le deuxième taux de PSA n'est pas bon, je prends rendez-vous avec un urologue.

Où l’on se retrouve dans le déni.

La vie trépidante que nous menons avec le travail, les sorties, la vie quotidienne, nous fait parfois passer à côté des choses essentielles. Comme tous les trois mois je retourne chez mon médecin pour le renouvellement de mon ordonnance. J’ai quand même pris soin d’apporter les résultats de mon taux de PSA. Deux avis valent mieux qu’un. Après la consultation habituelle je glisse la feuille du labo sous ses yeux. Après une lecture rapide du document, circonspect, il me dit:
-c’est un peu élevé, vous devriez prendre rendez-vous avec un urologue. Je vous conseille la polyclinique d’Avranches, il y a des permanences tenues par des spécialistes qui viennent de Rennes.
Ses propos ne m’enchantent guère. J’essaie de négocier:
-peut-être que je pourrais faire une autre analyse avant de prendre rendez-vous avec un urologue.
J’ai son accord à la condition expresse que le résultat ne dépasse pas 4.
Je repars avec mon ordonnance habituelle et une autre prise de sang à faire. Cette fois je suis assez inquiet et la semaine suivante je passe au labo. Le résultat n’est pas du tout bon. Le taux est à 24. Avec Joëlle nous décidons de prendre un rendez-vous, mais pas à la polyclinique, ce sera à l’hôpital d’Avranches où, paraît-il, il y a un excellent service d’urologie. La consultation se fera la 10 novembre. C’est encore loin, ça fait un mois et demi à attendre!

-Novembre 2014: Urologie


A l'annonce du cancer j'étais dans le déni. Il faut accepter la maladie pour mieux la combattre

Quand il faut accepter la maladie pour mieux la combattre. A l’annonce du cancer j’étais dans le déni. Puis, j’ai fini par accepter ma maladie. A mon avis, c’est essentiel pour s’en sortir et supporter les traitements.

10 novembre 2014. Dans la salle d’attente du service d’urologie de l’hôpital d’Avranches il y a un va-et-vient incessant. J’ai rendez-vous à 14h00, il est 14h45, je commence à trouver le temps long. Joëlle m’accompagne, nous échangeons quelques mots à voix basse. Je ne sais pas qu’elle va être ma réaction quand je vais être appelé. Angoisse ou soulagement? Ça y est, c’est mon tour, je suis angoissé. C'est le Dr F.T. qui me reçoit, il est souriant et prévenant. Il consulte rapidement les résultats de mon taux de PSA et me fait allonger pour une auscultation. Il me fait un toucher rectal, c’est très désagréable. Puis son visage se ferme, il est circonspect. Il m’annonce que j’ai une hypertrophie de le prostate et qu’il faut faire un dépistage de cancer (adénocarcinome prostatique) par biopsie. Il m’accompagne au bureau de sa secrétaire. Un rendez-vous est pris pour la biopsie le 4 décembre 2014. Je retrouve Joëlle dans la salle d’attente et en sortant je lui explique:
-il m’a fait un toucher rectal, j’ai une hypertrophie avec risque de cancer. Il faut faire une biopsie pour confirmer.
Joëlle me dit qu’on va faire ce qu’il faut pour s’en sortir. Pour ma part, je suis inquiet car il faut attendre 3 semaines pour la biopsie et pendant ce temps-là la maladie va continuer de se développer. Le Dr F.T. m’a expliqué que la biopsie durait une trentaine de minutes et qu’il prélevait 12 échantillons très fins à l’aide d’une sonde échographique. Le tout sous anesthésie locale…En rentrant le soir nous nous précipitons sur internet pour s’informer sur les biopsies de la prostate…je suis un peu rassuré mais sans plus! Le reste du mois de novembre n’a pas été très agréable à vivre!

-Décembre 2014: Biopsie de la prostate


Biopsie de la prostate pour la recherche de cellules cancéreuses

4 décembre 2014.

Pour une fois je suis pris à l’heure! Deux infirmières me conduisent à la salle de biopsie. Puis l’une d’elle me fait allonger sur une table d’opération en position gynécologique…je suis un peu gêné. La plus jeune des infirmières m’explique le déroulement de la biopsie:
-ça ne dure qu’une trentaine de minutes, vous n’allez rien sentir, c’est juste un peu désagréable.
Le matin de la biopsie j’avais un lavement du rectum à faire puis à prendre deux comprimés d’antibiotique pour éviter tous risques d’infection. Une infirmière m’introduit un gel anesthésique dans le rectum puis me dit que le Dr F.T. va venir d’ici quelques minutes. Ça fait maintenant un quart d’heure que je patiente. Pour me détendre l’infirmière engage la conversation puis, soudainement, l’urologue entre dans la salle, me salue et m’annonce qu’il fait un blender à un patient et qu’il arrive tout de suite. Je vais encore attendre une demie-heure. L’infirmière s’impatiente aussi et tente par deux fois de le joindre sur son biper. Enfin il arrive et me présente toutes ses excuses.
-on y va, me dit-il.
Puis il continue:
-je vais d’abord vous anesthésier la prostate avec la sonde échographique puis prendre des repaires pour effectuer les douze prélèvements. Puis je vais faire les douze ponctions et à chaque fois vous entendrez un claquement sec comme celui-ci.
Effectivement, le bruit produit est surprenant!
-détendez-vous, je commence.
La sonde est introduite, ce n’est pas très agréable mais sans douleur. Puis je sens une piqûre tout à fait supportable. Puis il communique une série de chiffre à son assistante, ce sont les repaires.
-voilà, la prostate est endormie, je commence les prélèvements.
Je suis stressé et je me recule plusieurs fois sur la table. Le médecin me rassure en me disant que c’est presque terminé. J’entends les bruits sec du préleveur. Parfois je sens une légère piqûre.
-ça y est, c’est terminé. Il faut attendre trois semaines pour avoir les résultats. Ma secrétaire va vous donner un rendez-vous.
Je m’habille avec soulagement et je vais voir la secrétaire. Je retrouve Joëlle dans la salle d’attendre. Elle commençait à trouver le temps long. Puis me demande comment ça s’est passé. En sortant de la salle d’attente je lui explique. J’ai rendez-vous le 30 décembre pour les résultats.

-Janvier 2015: Scanner, IRM et Scintigraphie osseuse


Les examens du bilan d'extension s'enchaînent, scanner, IRM et scintigraphie osseuse

Période de stress intense, celle des examens afin de définir un protocole de soin. Encore plus angoissant, l’attente des résultats…

Scanner thoraco-abdomino-pelvien 7 janvier 2015.

J’ai rendez-vous à 10h45 pour le premier des examens du bilan d’extension, le scanner. La vessie pleine, je m’impatiente sur ma chaise, il est 11h15. Pour me calmer Joëlle me pose la main sur le genou. Nous sommes au Centre Hospitalier d’Avranches et dans la salle d’attente toutes les chaises sont prises. Enfin, la porte du cabinet d’examen s’ouvre et je suis appelé. L’infirmière me conduit dans le couloir qui mène au local infirmerie pour me préparer. En souriant elle me dit:
-nous avons un peu de retard car nous avons eu une urgence, un accidenté de la route pour passer un scanner.
Je lui répond que ce n’est pas grave mais que je commence à avoir envie d’uriner. Puis elle me dit:
-rassurez-vous, ça ne va pas être très long, je vais vous faire une injection d’iode pour que les images du scanner soient bien contrastées puis je vous installe sur la table d’examen. Il faut compter une vingtaine de minutes pour le balayage complet du corps. Si vous n’arrivez pas à vous retenir jusqu’à la fin, ce n’est pas grave. Voilà, je vous laisse cinq minutes te temps que l’iode fasse son effet. A tout de suite.
Je peine à me retenir pour ne pas uriner mais j’y arrive quand même, la fierté sans doute. L’iode me procure une sensation de chaleur à la gorge et à la vessie. Par la fenêtre de séparation j’aperçois pour la première fois le scanner. C’est un énorme anneau blanc. L’accidenté est encore sur la table qui se déplace à travers l’anneau. Puis trois personnes viennent pour le remettre sur un lit médical, son examen est terminé. Ça va être mon tour…Une autre infirmière vient me chercher. Elle me conduit près de la machine. La salle est climatisée et j’ai un peu froid. Je m’allonge sur la table et l’infirmière me sangle au niveau de l’abdomen. Mon nom est inscrit sur un petit écran vidéo fixé sur l’anneau du scanner. Elle me recommande de ne pas bouger et quitte la salle après m’avoir dit que je pouvais appeler à tout moment si besoin. Puis je vois un cercle métallique qui tourne à l’intérieur de l’anneau dans un doux ronronnement. L’examen est commencé, je ne pense à rien de particulier mais je suis soulagé. La table se déplace doucement au travers de l’anneau. Je ne ressens rien de particulier, je n’ai même plus envie d’uriner. Par moment je ferme les yeux sans savoir pourquoi. Par deux fois on me demandera de bloquer ma respiration. Les vingt minutes s’écoulent assez vite. L’examen est terminé. L’infirmière me libère et je lui dit qu’il me faudra les résultats du scanner pour aller passer la scintigraphie osseuse. Les résultats me seront envoyés par la poste. Je ressors de la salle d’examen pour retrouver Joëlle puis nous quittons l’hôpital. Deux jours plus tard nous recevons les résultats. J’ouvre l’enveloppe avec avidité et je commence à lire avec Joëlle. Au niveau abdomino-pelvien: rien de particulier si ce n’est des micro-kystes biliaires (que tout le monde a plus ou moins). Au niveau thoracique: rien de particulier non plus sauf une petite phrase que nous ne comprenons pas: "A noter, un petit granulome calcifié, apical droit". Le lendemain j’avais rendez-vous avec mon médecin traitant qui m’expliqua que ce n’était pas forcément une croissance métastatique, ça pouvait être aussi la conséquence d’une chute. Effectivement, il y a douze ans, je suis tombé dans un escalier…Toutefois, ce petit granulome refera parler de lui à la scintigraphie osseuse.

IRM pelvienne et prostatique 20 janvier 2015.

Nous sommes au Centre d’Imagerie Médicale de Saint-Grégoire (Rennes). Malgré l’aide du GPS nous avons eu du mal à trouver. Heureusement que l’on prévoit toujours une demie heure de battement avant les rendez-vous. J’ai rendez-vous à 16h15. A l’accueil la secrétaire n’est pas très aimable. Elle m’enregistre et me montre la salle d’attente où Joëlle m’attendra. Je suis le premier, il n’y personne d’autre. A peine trois minutes plus tard, un infirmier vient me chercher. Il me conduit dans un petit local pour me faire une injection d’iode. Puis il me conduit dans la salle d’examen. Je découvre l’IRM, je suis impressionné voire paniqué, c’est un anneau comme le scanner mais beaucoup plus étroit. L’infirmier me rassure:
-ne vous inquiétez-pas, seul le bas ventre est radiographié, la tête ne passe pas dans l’anneau.
Je m’allonge sur la table et il m’immobilise avec une sangle. Puis il me pose un casque sur les oreilles car l’IRM est très bruyante. Une musique est diffusée dans les écouteurs et l’examen commence. Effectivement, malgré le casque j’entends les saccades sonores de l’IRM. Je suis calme et je patiente ainsi une trentaine de minutes. L’infirmier vient me chercher et me conduit dans le bureau du docteur radiologue. Il a déjà les résultats et m’explique en me montrant les radios:
-effectivement, vous avez une tumeur de huit millimètres de diamètre.
Je reste pantois, choqué je lui dis que c’est fichu ou quelque chose de semblable. Il me rassure:
-non non, il y a la radiothérapie, il faut voir avec votre urologue.
La consultation a duré cinq minutes. Je ressors de son bureau abasourdi mais lucide pour retrouver Joëlle. Il n’y a plus qu’à attendre la suite me dit-elle. Nous repartons et le soir en arrivant nous consultons internet pour se renseigner sur la radiothérapie.

Scintigraphie osseuse du corps entier 21 janvier 2015.

Cette fois c’est à la Polyclinique de la Baie à Avranches que l’examen se déroule à 11h15. Joëlle m’accompagne comme toujours. A l’accueil, la secrétaire nous explique le déroulement de la radiographie qui se passe en deux temps et dure environ deux heures. Tout d’abord, une première radio est faite sans produit contrastant d’une durée de vingt minutes. Puis un produit légèrement radioactif est injectée, il faut attendre une heure et demie et la deuxième radio qui dure 1h30 peut avoir lieu. Entre les deux radios nous allons déjeuner à la cafétéria du centre commercial tout proche. De retour à la Polyclinique l’infirmière radiologue me prend aussitôt. Comme le matin je m’allonge sur la table, l’opératrice me sangle et me recommande de bouger le moins possible. Je vais rester ainsi près d’une heure trente. Puis je suis conduis dans la salle d’attente, le médecin va me recevoir pour les résultats. Après une dizaine de minutes il vient me chercher et invite Joëlle à venir également. Il nous fait asseoir et ouvre mon dossier. Comme prévu, je lui donne les résultats du scanner. Il superpose les radios du scanner et de la scintigraphie. Après une rapide lecture, un sourire aux lèvres et en nous regardant par-dessus ses lunettes, il nous annonce:
-globalement, les résultats sont satisfaisants. Toutefois, sur la deuxième vertèbre lombaire, il y a la partie supérieure qui est très sombre. Je préfère ne pas prendre de risque, il faut reprendre rendez-vous avec votre urologue pour des examens complémentaires.
Pas de chance, après un bref réconfort au début des commentaires, me voilà plonger dans le doute. J’ai beau lui expliquer que j’avais chuter dans un escalier il y quelques années mais rien n’y fait. Le petit granulome apical refait surface pour n’empoisonner l’existence. Nous prenons congés et en arrivant à la maison je prend rendez-vous avec l’urologue. Il me recevra le 2 février 2015.

-Février 2015: Urologie et PET SCAN


Consultation chez l'urologue et examens scanner par deux PET SCAN

Consultation avec l’urologue le 2 février 2015.

Nous sommes de retour à l’hôpital d’Avranches pour une consultation en urologie. J’ai rendez-vous en tout début d’après-midi, la salle d’attente est inondée de soleil, il n’y a que cinq patients en tout dispersés sur les nombreuses banquettes. Je suis calme mais pas très rassuré. Les commentaires du médecin de la scintigraphie osseuse m’ont laissé perplexe. Que va nous dire l’urologue? C’est mon tour, le Dr F.T. vient nous chercher avec un large sourire. Une fois dans son bureau il commence la lecture des résultats de la scintigraphie osseuse puis commente:

-effectivement, on pourrait penser à un dépôt métastatique! Cette deuxième lombaire est suspecte. Aussi je ne vais pas prendre de risque, je vous prescrit un PET SCAN* pour confirmation.

Je prend la parole pour demander ce qu’est un PET SCAN*. Sans se démonter avec un sourire franc il m’explique:

-c’est comme un scanner qui se passe en deux fois à quinze jours d’intervalle. Vous aurez une injection de choline, c’est un isotope radioactif qui a la particularité de réagir aux cellules cancéreuses d’origine prostatique et de montrer sur la radio du scanner où elles se propagent. Dans votre cas on a un doute sur la lombaire numéro deux. En fonction des résultats votre traitement se fera avec la radiothérapie et l’hormonothérapie dans l’absence de métastases ou radiothérapie et chimiothérapie s’il y a des métastases. Voilà, on va prendre des rendez-vous pour les PET SCAN* avec l’infirmière et on se revoit en mars pour la mise en place du protocole de soins.

Les PET SCAN* se dérouleront le 25 février et le 9 mars au centre de médecine nucléaire Eugène Marquis de Rennes.

*PET SCAN: ou TEP SCAN, Tomographie par Émission de Positons avec injection de Fluorocholine.

25 février 2015. Le rendez-vous pour le premier examen est à 13h30. Nous sommes arrivés une demie heure en avance, heureusement car nous avons eu du mal à trouver une place de stationnement. Je n’ai rien manger de la journée car l’examen se fait à jeun et dure deux heures. Nous avons pris soin d’apporter des sandwiches. Après l’enregistrement à l’accueil nous patientons dans la salle d’attente. A 13h45 une infirmière vient me chercher. Elle me conduit au sous-sol. Très aimable et souriante elle m’explique le déroulement du pet scan:
-je vous fais une injection de choline (fluorocholine) et dans une heure vous passez au scanner.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Aux environ de 15h00 elle revient me chercher. Je découvre le scanner, il est très étroit. Je ne suis pas effrayé, maintenant je commence à avoir l’habitude. L’infirmière m’installe sur la table d’examen et me sangle au niveau de l’abdomen et me recommande de bouger le moins possible. La radio dure 45 minutes. L’anneau du scanner me frôle le bout du nez tellement le passage est étroit. Mais je reste calme et parfaitement immobile. C’est terminé, l’infirmière me libère et me dit à bientôt pour le deuxième examen. A peine sortis nous nous précipitons sur nos sandwiches que nous dévorons avec avidité. Joëlle, par solidarité, n’avait rien mangé non plus de la journée. On aurait pu croire à deux loups affamés, nous éclatons de rire.

-Mars 2015: Protocole de soins


Mise en place du protocole de soins qui comportera de l'hormonothérapie et de la radiothérapie.

C’est avec un visage réjouis que nous accueille le Dr F.T. L’air débonnaire il nous annonce:
-rassurez-vous, les deux PET SCAN n’ont pas mis en évidence d’extensions métastatique. On met en place le traitement. Radiothérapie et hormonothérapie. Pour la radiothérapie on va vous mettre en relation avec l’oncologue de la Polyclinique de la Baie à Avranches. Je vais vous poser trois grains d’or dans la prostate, ils serviront de repères au radiothérapeute. Pour l’hormonothérapie vous avez un protocole de traitement de trois ans. Injection mensuelle sous-cutanée de Firmagon avec une première dose d’induction de deux fois 120 mg puis 80 mg d’entretien chaque mois. Je vous fais l’ordonnance pour six mois. A faire à domicile par une infirmière diplômée d’état. On se revoit dans six mois. Je vous fait également une ordonnance pour une analyse de sang pour le taux de PSA que vous rapporterez à votre prochain rendez-vous.
A ma grande satisfaction les choses s’accélèrent. Nous prenons congés après avoir vu la secrétaire pour prise du rendez-vous de la pose des grains d’or. Ce sera le 7 avril 2015 à 14h00. Le rendez-vous avec l’oncologue sera le 24 mars 2015. Je me sens soulagé et apaisé, Joëlle aussi. Depuis de nombreux mois nous vivons un cauchemar et une éclaircie pointe le bout de son nez sur ce chemin embrumé. Aussitôt arrivés à la maison nous prenons rendez-vous avec une infirmière pour la première injection. Ce sera le 23 mars 2015. Dans la foulée nous passons à la pharmacie pour acheter les doses de Firmagon. Puis nous entrons dans un bar tout proche pour prendre un café et souffler un peu.

-Mars 2015: Début de l’hormonothérapie et visite chez l'oncologue


Début de l'hormonothérapie et consultation d'un oncologue pour le traitement par radiothérapie

Début de l’hormonothérapie: Première injection sous-cutanée de Firmagon*.

23 mars 2015. Ca y est, l’hormonothérapie commence aujourd’hui à domicile. Je suis content et inquiet à la fois. L’infirmière ne devrait pas tarder. En l’attendant je lis la notice d’emploi du Firmagon* sur l’emballage. Il y a deux doses de 120 mg chacune à injecter dans la partie abdominale. C’est le traitement d’induction pour une efficacité optimale puis, chaque mois, se sera une dose d’entretien de 80 mg pendant trois ans. La sonnette retentit, j’accueille l’infirmière. Tout de suite elle m’informe que l’injection sous-cutanée est très douloureuse et dure cinq à six minutes. Effectivement, lorsque le produit se loge sous la peau ce n’est pas une partie de plaisir. Et ce jour-là, il y a deux injections, une à gauche et une à droite. L’infirmière me demande plusieurs fois si je me sens bien pendant l’injection car il y a des risques de malaise cardiaque avec ce produit. C’est terminé, j’ai deux grosse bosses handicapantes sur le ventre et c’est douloureux. L’infirmière prend congés en me souhaitant une bonne journée. Le soir avant de me coucher je prend un comprimé de Doliprane car la douleur est intense. Elle durera quatre jours…

*FIRMAGON est un antagoniste de l’hormone entraînant la libération de gonadotrophines, indiqué dans le traitement du cancer de la prostate à un stade avancé, hormono-dépendant (j’invite les lecteurs à se renseigner auprès de leur médecin car c’est assez complexe).

Première rencontre avec l’oncologue, préparation à la radiothérapie

24 mars 2015. Nous avons rendez-vous avec l’oncologue, le Dr M.D, à 15 heures à la Polyclinique de la Baie à Avranches. La salle d’attente est agréable et lumineuse. Un écran géant informe les patients des services de la polyclinique en alternance avec des documentaires médicaux. L’oncologue vient me chercher et invite Joëlle à se joindre à nous. Puis après avoir lu mon dossier il m’annonce la mise en place du plan personnalisé de soins:

-donc votre urologue, après concertation avec notre équipe, vous a prescrit de l’hormonothérapie pendant trois ans. Moi, j’ajoute la radiothérapie externe qui se passera ici. Dans nos locaux nous avons deux accélérateurs de particules. Avec votre dossier je vais calculer avec le technicien la dose de rayon X nécessaire pour venir à bout de votre tumeur. De plus, pour limiter les effets secondaires, nous associons un régime alimentaire strict à ce traitement. Voici quelques idées de menus. Autrement, après le début de votre traitement, on se verra chaque lundi pour faire le point.
Devant mon regard interrogatif il commence à nous expliquer ce qu’est la radiothérapie externe et les effets secondaires qui y sont liés. Je n’ai pas tout retenu et je vous invite à lire les lignes ci-dessous extraites du site internet http://www.e-cancer.fr:

Une radiothérapie externe consiste à diriger des rayons (on parle aussi de rayonnements ou de radiations), produits par une source externe, au niveau de la prostate pour détruire les cellules cancéreuses en bloquant leur capacité à se multiplier. Dans une radiothérapie externe, les rayons sont émis en faisceau par une machine située à proximité du patient ; ils traversent la peau pour atteindre la tumeur. Les rayons sont dirigés sur la tumeur et parfois, sur certains ganglions reliés à l’organe atteint. La radiothérapie externe est dite "transcutanée" car les rayons traversent la peau pour atteindre la tumeur. Ces rayons sont émis en faisceaux ciblés sur la tumeur par une machine appelée accélérateur linéaire de particules. C’est un traitement local (ou locorégional) du cancer de la prostate, c’est-à-dire qui agit directement sur la région à traiter. Ce traitement est réalisé par un oncologue radiothérapeute.

Quelles sont les indications d’une radiothérapie externe ?

Une radiothérapie externe est un traitement de référence des cancers de la prostate localisés et localement avancés.

Comment agit une radiothérapie?

Les rayonnements abîment les cellules essentiellement au niveau de leur ADN, c’est-à-dire de la carte d’identité des cellules. L’ADN se trouve dans le noyau de chaque cellule du corps. Quand l’ADN est abîmé, les cellules ne peuvent plus se multiplier et finissent par mourir. Cette destruction n’est pas immédiate, elle se produit quand les cellules sont amenées à se diviser. Dans une curiethérapie les rayonnements sont issus de sources radioactives alors que dans une radiothérapie externe, ils sont produits par des machines, le plus souvent aujourd’hui des accélérateurs linéaires de particules. Il existe plusieurs types de rayons qui pénètrent plus ou moins dans le corps et y déposent leur énergie de manière différente. Les rayonnements les plus couramment utilisés actuellement en radiothérapie externe sont les photons ou rayons X (utilisés dans 90 % des cas) de très haute énergie. Plus rarement, on utilise aussi des protons, et un autre type de particules, les ions carbone, est en cours d’évaluation. Les rayons provoquent des lésions sur toutes les cellules qu’elles touchent, qu’elles soient cancéreuses ou saines. C’est ce qui explique les effets secondaires de la radiothérapie. L’enjeu de tout traitement par radiothérapie consiste donc à maximiser son efficacité sur la prostate, tout en minimisant la toxicité sur les tissus sains et les organes avoisinants, aussi appelés organes à risque comme :
le rectum, la vessie et le canal anal notamment. Il faut pour cela concentrer le plus précisément possible l’irradiation sur le volume de la prostate:
à ce titre, les progrès technologiques des dernières années sont considérables. Il faut aussi déterminer, pour chaque patient, la dose de rayons optimale c’est-à-dire suffisante pour détruire la tumeur mais en tenant compte de la dose de tolérance des organes à risque. La dose de rayons est exprimée en gray, abrégé en Gy (du nom d’un physicien anglais). Une dose de 1 Gy correspond à une énergie de 1 joule absorbée dans une masse de 1 kg. La dose de rayons nécessaire pour détruire une tumeur varie selon le type de cancer. La dose de tolérance des organes à risque est également variable selon les organes et selon la radiosensibilité du patient. Les doses habituellement délivrées lors d’une radiothérapie externe d’un cancer de la prostate sont de 70 à 80 Gy pour une radiothérapie exclusive. Les doses sont plus faibles en cas de radiothérapie réalisée après une prostatectomie totale. Il faut aussi jouer sur ce que l’on appelle l’étalement et le fractionnement de la dose, c’est-à-dire la durée totale du traitement et son découpage en plusieurs séances ce qui permet aux tissus de se régénérer.

Mon traitement sera composé de 37 séances au rythme de 5 séances par semaine. Soit une durée de 7 semaines. Avant de commencer il y aura la pose par l’urologue de 3 grains d’or dans la prostate qui serviront de guide pour l’accélérateur de particules. Ensuite il faudra que je passe un scanner avec tatouage et une IRM de repérage des organes…

Nous quittons l’oncologue à 17h30…un peu sonnés.

-Avril 2015: Pose des grains d’or dans la prostate


Pose de grains d'or dans la prostate, scanner pour le tatouage et IRM de repérage des organes pour la radiothérapie

7 avril 2015. Nous voilà de retour chez l’urologue à l’hôpital d’Avranches avec tous les bons et mauvais souvenirs qui refont surface. Comme à l’habitude la salle d’attente est pleine, je ne m’habituerai jamais à voir autant de gens malades. J’ai rendez-vous à 14h00 pour la pose de trois grains d’or et je n’ai pas envie de rigoler. Le Dr F.T vient me chercher, il me dit que c’est comme pour la biopsie mais que ça dure beaucoup moins longtemps. Effectivement, dix minutes ont suffit, je me suis même permis une pointe d’humour en disant que maintenant je valais beaucoup plus cher. L’infirmière assistante à rigolé mais pas l’urologue qui s’occupait déjà de la prise de mes rendez-vous pour le scanner et l’IRM.

Scanner et tatouage, IRM de repérage des organes

14 avril 2015. C’est à la polyclinique d’Avranches que j’ai rendez-vous à 16h45 pour ce scanner et tatouage. L’infirmière m’appelle, je suis allongé sur la table du scanner et elle m’explique que le but est de tatouer trois repères sur la peau pour permettre à l’accélérateur de particules de bien cibler la tumeur cancéreuse. Après le premier aller-retour sous la machine elle marque avec un feutre spécial trois points, un sur le ventre à la verticalité de la prostate et les deux autres sur le haut des hanches. Puis après un autre aller-retour sous le scanner, les positionnements étant corrects elle me tatoue à l’encre bleue à la place des points au feutre. Je l’ai senti passé, c’est très douloureux! Maintenant je suis tatoué à vie. Aussitôt après nous prenons le chemin de l’hôpital d’Avranches pour l’IRM car la Polyclinique* n’en est pas encore équipée. J’ai rendez-vous à 18h00, nous arrivons largement à l’heure et là, surprise, suite à un problème technique, il y a 1h30 de retard. Deux heures plus tard, c’est enfin mon tour. Un opérateur me donne des bouchons d’oreilles que je pose et par dessus un casque avec de la musique. Effectivement, malgré cet équipement l’IRM est très bruyante. Le balayage de l’IRM dure une vingtaine de minutes, le but étant de repérer les grains d’or dans la prostate par rapport aux autres organes qu’il ne faut pas irradier (vessie, canal anal, rectum…). C’est terminé, je suis enfin prêt pour les séances de radiothérapie.

*Aux dernières nouvelles, nous apprenons qu’une IRM est en cours d’installation à la Polyclinique.

-Fin Avril 2015: Début de la radiothérapie


Début du traitement par radiothérapie pour détruire la tumeur cancéreuse

-Fin Avril 2015: Début de la radiothérapie
Le traitement par radiothérapie m’angoissait. Aussi, pour me rassurer, j’ai étudié comment fonctionnait un accélérateur de particule. Ça m’a beaucoup aidé pendant les séances car je savais que les rayons repartaient vers la terre après avoir traversé mon corps.

Pendant toutes les séances de radiothérapie je m’imaginais le jeu "Space Invaders", avec ma manette imaginaire je détruisais les cellules cancéreuses qui attaquaient ma prostate.

27 avril 2015. Je crois que cette journée est à marquer d’une croix blanche tant le parcours a été long avant d’en arriver là. Ma première séance de radiothérapie commence à 17h40 et je suis dans un état d’excitation et d’inquiétude. J’ai envie d’uriner car les séances se déroulent avec la vessie pleine. En position allongé celle-ci repousse les autres organes qu’il ne faut pas irradier. Dans la salle d’attente nous sommes que tous les deux. Sur notre droite nous apercevons deux cabines avec un voyant rouge et un voyant vert au-dessus de chaque porte. Le voyant vert d’une clignote, sur l’autre c’est le voyant rouge. Nous ne savons pas pourquoi. Devant nous un écran télé sur lequel se succède une série de paysages, les services de la Polyclinique et, en incrustation, les photos des opérateurs en radiothérapie du jour. Soudain, une infirmière sort par la porte d’une cabine, celle où le voyant clignote au vert. Puis, en riant elle me dit:

-c’est votre première fois? Quand ça clignote au vert c’est que vous pouvez entrer. La cabine est libre, à tout de suite!

Je ne demande pas mon reste et j’entre dans la cabine. Ludivine, l’opératrice en radiothérapie, me demande d’enlever mon pantalon et mes chaussures et d’attendre qu’on vienne me chercher. La pièce n’est pas très grande, elle est équipée d’un banc, de porte-manteau, d’un lavabo avec miroir. Il y a une porte qui donne sur la salle où se trouve l’accélérateur de particules. Je peux entendre des voix et un ronronnement de machinerie, un autre patient se fait traiter. Puis j’entends le patient entrer dans la cabine d’à côté, c’est fini pour lui. Ça va être mon tour. Ludivine m’ouvre la porte et me conduit dans la salle de radiothérapie. Puis je suis pesé. Elle m’explique le fonctionnement tout en me demandant de m’allonger sur la table (3), pour plus de confort j’ai un rehausseur sous les genous:
-voilà dit-elle, on vous positionne grâce aux rayons rouges (comme pour les codes barre) qui balaient la zone à traiter et vos tatouages. Ce sera toujours la même position. Au-dessus vous avez l’émetteur (1) de rayons X (5) qui va tourner sur son axe (7) autour de vous (6), il va émettre des rayons (5) qui vont vous traverser pour atteindre et traiter votre prostate (4). En même temps il prend des photos pour voir l’évolution du traitement. Les rayons, pour la sécurité, sont récupérés par le récepteur (2) et envoyer à la terre. On va commencer, vous allez voir ça fait très mal! Je lui répond que j’ai même pas peur. Elle rit et part au pupitre de commande.

La salle est climatisée, j’ai un peu froid. Je sens la table bouger comme pour affiner mon positionnement. Puis l’émetteur fait un tour complet autour de moi et s’arrête à la verticale. J’entends un bourdonnement, c’est l’émission des rayons pendant une dizaine de secondes puis redémarre sa rotation. Maintenant il s’arrête à la diagonale et envoie des rayons puis se remet à tourner. Il fera ce cycle trois fois. Voilà, la première séance est terminée, ça a duré sept minutes en tout et pour tout et je n’ai rien senti. Ludivine me reconduit à la cabine et me dit à demain. Après mettre rhabillé je me précipite aux toilettes pour uriner. Je retrouve Joëlle dans la salle d’attente et nous partons. Sur le chemin du retour je lui explique comment ça s’est passé.

La dernière séance de radiothérapie s'est déroulée le 18 juin 2015.

-Juillet 2015: Premiers résultats


Fin de la radiothérapie et premiers résultats

A la fin de la radiothérapie nous avons décidé de prendre quelques jours de vacances pour faire une coupure et nous ressourcer. Nous avons opté pour un séjour d’une semaine dans un hôtel à Cancale. Le beau temps a été de la partie et la petite cité de la baie du Mont-Saint-Michel n’était pas encore trop envahie par les touristes. Aux ballades et randonnées dans la région se succédaient la prise de photos et une cure d’huitres à chaque repas. L’huitre est très riche en iode et autres oligoéléments recommandés pour la santé. Ce cours séjour nous fût très salutaire.

Mardi 15 juillet 2015. Retour à la réalité. J’ai rendez-vous à 11h30 avec l’oncologue pour les premiers résultats. Mon analyse de sang est taux de PSA à la main je suis en confiance. Les résultats d’analyses sont bons, j’attends mon tour patiemment en discutant avec Joëlle. Comme à l’habitude la salle d’attente est remplie. Nous sommes à proximité de la deuxième salle de radiothérapie et les va-et-vient des malades me rappellent bien des souvenirs…Enfin, c’est mon tour. Le Dr M.D m’invite à le suivre dans son bureau. Avec un large sourire il me commente les résultats:

-mais c’est parfait, votre taux de PSA est passé de 18 à 0,212, vous avez bien réagi à la radiothérapie. Je note sur votre fiche de correspondance pour votre urologue, vous le revoyez le 8 septembre 2015 à 15h45 pour le renouvellement de l’hormonothérapie. Je vais vous ausculter.

Il m’invite à m’allonger puis me fait un toucher rectal. Ce n’est pas très agréable!

-bien, vous pouvez vous rhabiller. Votre prostate a repris une taille normale, c’est très satisfaisant, on se revoit en mars 2016, je vous fait une ordonnance pour l’analyse de sang.
Avant de le quitter je lui demande s’il existe un autre traitement d’hormonothérapie. Les piqûres mensuelles sont pénibles et douloureuses. Il me répond par l’affirmative. Il y a possibilité d’avoir des comprimés et une piqûre tous les trois mois mais il faudra que je vois avec l’urologue. Je prends congé et repasse par l’accueil pour le prochain rendez-vous. Ce sera le 4 mars 2016. Je retrouve Joëlle dans la salle d’attente et nous quittons la polyclinique d’Avranches. Le soir, pour fêter l’événement, nous allons manger au restaurant!

Chez l’urologue 8 septembre 2015. Là aussi, j’ai de bons résultats en taux de PSA. Ce qui est pénible dans cette maladie c’est que chaque spécialiste veut une analyse de sang! J’ai rendez-vous à 15h45, j’attends patiemment, je suis confiant.


-Septembre 2015: Et la suite des résultats


Les résultats sont bons et je continue l'hormonothérapie.

8 septembre 2015. Le Dr F.T me reçoit avec un large sourire. Il m’annonce, très détendu, que les résultats sont bons, le taux de PSA est inférieur à 1 (en décembre 2014 il était à 18).

-vous avez bien réagi à la radiothérapie et l’hormonothérapie est efficace. Je vous refais une ordonnance pour une année d’hormonothérapie afin de consolider le traitement. On se revoit en mars 2016.

Je lui demande s’il existe un autre traitement à base de comprimés. La réponse est assez cinglante:

-non, ne cherchait pas, il n’y a rien d’autre pour le moment, on continue avec les injections mensuelles!

Je continue:

-pourtant l’oncologue m’a dit qu’il existait bien un traitement secondaire.

Sans se démonter il précise:

-effectivement un autre traitement est à l’essai mais les résultats ne sont pas assez satisfaisants. On se revoit en mars 2016, voyez avec le secrétariat pour le rendez-vous.

Sur ce, un peu déçu, je prend congés et retrouve Joëlle dans la salle d’attente. Sur le chemin du retour je lui explique la consultation. Elle aussi est déçue.

Mars 2016. Les résultats sont toujours bons. Par contre l’oncologue qui me suivait, le Dr M.D est parti à la retraite. Je l’estimais bien mais son remplaçant, le Dr P.V., semble efficace quoique d’un aspect très froid. Quelques jours plus tard l’urologue, le Dr F.T, qui me suivait est parti sur l’hôpital de Rennes. C’est un jeune qui le remplace, le Dr H.. Après la consultation il m’annonce qu’il va peut-être stopper l’hormonothérapie pendant une année pour voir si le taux de PSA remonte ou se stabilise. J’ai donc deux nouveaux médecins! Je revois l’oncologue en septembre 2016 et l’urologue en mars 2017.

Taux de PSA

A toutes fins utiles je communique ci-dessous les seuils du PSA à ne pas dépasser en fonction de l’âge:
Ages              Seuil
40-49 ans     2,5 ng/ml
50-59 ans     3,5 ng/ml
60-69 ans     4,5 ng/ml
>70 ans      

Rappel: avant le traitement mon taux de PSA était de 18 ng/ml. Au dernier contrôle du 07 septembre 2016 il est tombé à 0,131 ng/ml.

08 septembre 2016. Visite de contrôle chez l’oncologue. Résultats bons, tout va bien, taux de PSA à 0,131 ng/ml. Je lui signale mes grosses transpirations dues au Firmagon, mais il n’y a pas grand chose à faire! L’ordonnance d’injection et renouvelée pour six mois.
Prochain rendez-vous avec l’urologue en mars 2017. Il devrait m’arrêter les injections de Firmagon pendant un an pour voir si le taux de PSA augmente ou se stabilise.

Cette maladie est sournoise, n’hésitez pas à faire doser votre taux de PSA dès l’âge de 40 ans même si vous n’avez aucun symptôme. Demandez à votre médecin traitant!

-Septembre 2016 et 2017. Effets secondaires de l'hormonothérapie


Effets secondaires de l'hormonothérapie

20 septembre 2016, l’infirmière est passée à 15h45 pour ma piqûre mensuelle. La nuit suivante j’ai été pris de frissons et de tremblements, comme pour une vilaine grippe. J’ai pris du Doliprane 1000mg, les symptômes durent quelques jours. Ça fait le troisième fois que ça m’arrive depuis le début de mon traitement. Écrit le 29 septembre 2016…

Visite chez l'urologue à l'hôpital d'Avranches. Encore une fois, ce n'est pas le même que la dernière fois! Maintenant c'est le Dr A..J'ai rendez-vous à 14h15, je passerai à 15h15.Je lui présente mon analyse du taux de PSA qui est de 0,072 ng/ml. Puis je lui demande si on peut faire une pause de un an pour les piqûres mensuelles de Firmagon comme me l'avais dit son prédécesseur. Visiblement pas au courant il me répond qu'il en parlera à l'oncologue car il n'y a rien d'inscrit dans mon dossier à ce sujet. Il doit le voir le soir même et me téléphonera. Il me donne quand même une ordonnance pour un renouvellement de six mois. Il ne me rappellera pas. Donc je continue le traitement jusqu'à le prochaine visite chez l'oncologue début septembre. Écrit le 17 mars 2017...

05 septembre 2017

Visite chez l'oncologue, le Dr P.V., à la polyclinique de la Baie à Avranches. Les derniers résultats sont bons, le taux de PSA est inférieur à 0,04 ng/ml. Une ordonnance pour six mois de traitement au Firmagon m'a été remise. Le prochain rendez-vous est pour septembre 2018. Entre deux, je verrais l'urologue début mars 2018.

Méthode d'injection du Firmagon

Les piqûres de Firmagon dans l'abdomen sont très douloureuses. Une fois, en attendant l'infirmière pour l'injection mensuelle, j'ai lu la notice et je me suis rendu compte que la méthode n'était pas respectée. J'ai expliqué à l'infirmière comment il fallait s'y prendre:-tout d'abord, il faut faire entrer le solvant dans le flacon de poudre sans secouer celui-ci. Il ne faut pas faire de bulles!

-le mélange solvant poudre se fait naturellement, il faut être patient!

-l'injection doit se faire en sous-cutané profonde avec une inclinaison de la seringue à 45°.

-le temps d'injection doit être d'au moins 2 minutes

-ne pas masser à la fin de l'injection!

Depuis que l'infirmière applique cette méthode l'injection est beaucoup moins douloureuse. De plus, j'ai appris qu'il existe du Firmagon pour injection tous les deux mois, trois mois ou six mois.

Ecrit le 06 septembre 2017...

-Février 2018: Fin de l'hormonothérapie


Février 2018, fin de l'hormonothérapie. Encore un nouveau médecin urologue. En plus, elle veut prolonger l'hormonothérapie de six mois.

13 mars 2018. Comme chaque année j'ai rendez-vous avec l'urologue. J'ai eu mes 36 piqûres de Firmagon pendant trois ans et mes taux de PSA ont toujours étaient bons. Normalement le médecin devrait m'annoncer la fin de l'hormonothérapie. Je patiente avec Joëlle, la salle d'attente est loin d'être remplie. Mon rendez-vous est 15h15, je passerai à 15h45. C'est un nouveau médecin (encore une fois), le Dr R.H, qui vient me chercher. Après avoir fait connaissance elle m'annonce que c'est elle qui a repris le service urologie à l'hôpital d'Avranches. Je lui présente mon dernier taux de PSA qui est de 0,042 ng/ml. Elle consulte rapidement mon dossier et me demande:
-vous a t-on déjà proposé d'arrêter le traitement pour voir si le taux de PSA remonte?
Je lui répond que oui, en mars 2016 le Dr H. m'en avez parlé mais l'oncologue le Dr P.V. n'avait pas validé.
Puis elle continue:
-vous supportez bien les injections de Firmagon et les résultats sont bons. Je sais, les piqûres sont assez douloureuses, mais il existe un nouveau produit. Il est un peu moins efficace mais les injections sont moins douloureuses et se font tous les trois mois seulement. Je renouvelle votre ordonnance pour six mois.
Je suis interloqué:
-pourquoi me parlez-vous de ce nouveau produit? Je ne comprends pas bien pourquoi vous voulez me prescrire six mois supplémentaires d'hormonothérapie. Le protocole précisait trois ans de traitement puis une période de surveillance. Mes taux de PSA sont pourtant bons.
Elle continue:
-oui, vous avez commencé en mars 2015 et la dernière injection date du 19 février 2018, ça fait bien trois ans.
Je reprends:
-ce protocole de soins de trois ans avait été mis en place avec le Dr M.D. et le Dr F.T en février 2015 et il devait être suivi d'une période de surveillance de deux ans avec analyse du taux de PSA et éventuellement un scanner de contrôle. Je ne comprends pas pourquoi vous voulez prolonger le traitement alors que mes résultats sont bons.
Devant mon insistance elle se ravise:
-bon, on va faire autrement. On stoppe le Firmagon pour trois mois et on se revoit fin mai 2018. Je vous fais une ordonnance pour le taux de PSA que vous m'apporterez à la consultation.
Sur ce, elle m'accompagne au secrétariat sans plus d'explication pour la prise de rendez-vous. Ce sera le mardi 29 mai 2018. Je retrouve Joëlle et nous partons.
Je ne sais plus trop quoi penser. Pourquoi le Dr R.H. a insisté pour prolonger de six mois les injections de Firmagon? Peut-être qu'elle n'avait compris que j'avais eu 36 piqûres d'hormonothérapie. De plus, j'en ai assez de toujours changer de médecin!
Nous décidons d'en parler au Dr P.V. lors du prochain rendez-vous en septembre 2018. C'est quand même lui le médecin référent pour mon protocole de soins. Entre temps, on verra bien si mon taux de PSA remonte sans l'hormonothérapie.

Ecrit le 14 mars 2018...à suivre

24 mai 2018 - Taux de PSA après trois mois d'interruption de l'hormonothérapie

Ce matin vers 8h00 je suis allé au laboratoire pour une prise de sang afin de doser mon taux de PSA. J'étais angoissé jusqu'à l'attente du résultat. Je l'ai reçu par mail en début d'après-midi et bonne nouvelle, mon taux est à 0,155 ng/ml...ouf !
Je retourne chez l'urologue le 29 mai 2018.

Ecrit le 24 mai 2018...à suivre

29 mai 2018 - Visite chez l'urologue et désillusion

C'est très confiant que je patiente dans la salle d'attente en compagnie de Joëlle. J'ai rendez-vous à 14h15, je serais appelé à 14h45. Le docteur R.H est en compagnie d'une assistante stagiaire (j'ai horreur de ça!). Je lui présente mes résultats de taux de PSA qu'elle commente:
-bon dit-elle, on est passé de 0,042 ng/ml à 0,155 ng/ml, il y a eu une petite augmentation mais rien d'alarmant pour le moment.
Je prends la parole:
-oui, à mon âge il ne faut pas dépasser 4 ng/ml.
Elle continue:
-non, détrompez-vous, dans votre cas il ne faut pas dépasser 2 ng/ml, sinon il faut reprendre l'hormonothérapie.
-toujours avec une piqûre mensuelle de Firmagon?
-oui, et peut-être qu'il faudra le faire toute votre vie. Si votre taux de PSA dépasse 2 ng/ml vous devenez hormono-dépendant. Maintenant il existe de nouvelles hormones en injection tous les trois mois. C'est moins douloureux que le Firmagon.
Je lui dit que j'ai rendez-vous avec l'oncologue début septembre 2018 et que j'ai une analyse de sang complète à faire y compris le taux de PSA.
-bon, si le PSA est supérieur à 2 ça veut dire que chez vous les cellules cancéreuses sont agressives et il vous prescrira un traitement hormonothérapique.
Autrement comment vous-sentez-vous?
Je lui répond que ça va bien. Puis elle me dit que le fait d'arrêter les hormones peut entraîner une fatigue générale. Je lui réponds que ça n'a pas été le cas.
-on va reprendre rendez-vous pour janvier 2019, je vous fait une ordonnance pour le taux de PSA.
-ce sera avec vous?
-non me répond-elle, je repars sur Caen, il y aura deux nouveaux médecins.
Sur ce je prends congé un peu découragé et déçu, je m'étais réjouis un peu vite de mes bons résultats.
Puis, avec Joëlle, on décide que je prendrais rendez-vous avec le chef de service car j'en ai plus qu'assez de changer de médecin sans arrêt.

Ecrit le 29 mai 2018...à suivre


04 septembre 2018 - Visite chez l'oncologue à la polyclinique d'Avranches

J'ai fait une analyse de sang le 30 août 2018 pour évaluer le taux de PSA. Il est à 0,933 ng/ml, je patiente dans la salle d'attente du docteur P.V. et je ne suis pas très rassuré. En trois mois le taux est passé de 0,155 à 0,933 !. Le rendez-vous est à 14h15, le médecin a pris du retard et l'angoisse monte.
14h40, ça y est, il vient enfin me chercher.
Il lit mes résultats et me rassure tout de suite:
-le taux est passé à 0,933, mais rassurez-vous, c'est normal, vous avez stoppé l'hormonothérapie en février 2018 et le PSA a augmenté. On va surveillé sa progression ou sa diminution tous les trois mois jusqu'à ce qu'il se stabilise. Mais il ne faudrait pas qu'il dépasse 2 ng/ml. Sinon, il faudra reprendre un traitement.
Puis il m'ausculte. Le toucher rectal est normal, la prostate est bien plate. Il me palpe également la région abdominale, tout est normal également. Je suis soulagé.
Il me fait une ordonnance pour une analyse de sang à faire pour mi-novembre.
Je rejoins Joëlle et lui explique la consultation. Satisfaits et rassurés nous reprenons la route.
Prochain rendez-vous: le 11 janvier 2019 chez l'urologue à l'hôpital d'Avranches. Cette fois, ce sera avec le docteur M. chef du service urologie.

Écrit le 04 septembre 2018...à suivre


14 novembre 2018

Taux de PSA

Mon taux de PSA est passé à 1,76 ng/ml.
Cette hausse m'inquiète un peu. Mais bon, ça ne dépasse pas 2 !

Écrit le 14 novembre 2018...à suivre

9 janvier 2019

Taux de PSA

Mon taux de PSA est passé à 2,16 ng/ml...grosse inquiétude !

Le 11 janvier 2019, j'ai rendez-vous à 10 h 45 avec le docteur M., chef du service urologie de l'hôpital d'Avranches. Joëlle m'accompagne et nous patientons. Enfin, c'est mon tour, il est 11 h 20 et le médecin vient me chercher.
Je lui donne le dernier taux de PSA, l'angoisse me ronge.
-le PSA à augmenter, mais il ne dépasse pas 5.
-ah bon, pourtant, le dr R. H. m'avait dit le 29 mai 2018 qu'il ne fallait pas dépasser 2 ng/ml !
-oui, mais vous vous aviez un taux très élevé au début, 24 ng/ml je crois, le traitement a été efficace, je ne vais pas vous prescrire d'hormonothérapie pour le moment. Je vais vous ausculter.
Je m'allonge sur la table d'examen et il me répand du gel sur le bas-ventre.
-c'est une échographie de la prostate, me dit-il, effectivement, elle est assez grosse, c'est pour cette raison que vos taux partent à la hausse.
Puis il me fait un toucher rectal (je m'y ferai jamais!).
-tout est normal, vous pouvez vous rhabiller. On se revoit dans trois mois, je vous fais une ordonnance pour le taux de PSA.

Je sors de son cabinet médical et prends rendez-vous avec sa secrétaire. Ce sera le 12 avril 2019 à 10 h 30.

Écrit le 11 janvier 2019...à suivre Avril 2019, rien ne va plus... (menu de gauche)



-Avril 2019, rien ne va plus...


12 avril 2019 consultation chez l'urologue

Mon dernier taux de PSA de mars 2019 est de 3,19 ng/ml, il a encore augmenté mais ne dépasse pas 5.
J'ai rendez-vous à 10h30, l'urologue viendra me chercher à 11h10.
Il me fait assoir et d'emblée me dit:
-vous allez reprendre les piqûres d'hormonothérapie.
Je lui demande pourquoi alors que mon taux de PSA ne dépasse pas 5 ng/ml comme il me l'avait dit lors du rendez-vous du 11 janvier 2019. Sa réponse est sans appel:
-oui mais nous avons un logiciel de calcul pour mesurer la vitesse d'augmentation du taux de PSA. Avec vos trois derniers résultats à savoir 1,76 en novembre 2018, 2,16 en janvier 2019 et 3,19 en mars 2019 le logiciel indique que votre taux progresse trop vite et qu'il y a sans doute une récidive.
Je suis décontenancé et je lui demande s'il y a souvent des récidives. Il me réponds que malheureusement il y a 45% de récidive après traitement. C'est pourquoi cette méthode de calcul, PSA Doubling time, a été mise au point.
-Nous utilisons cet outil pour calculer le taux d’augmentation du PSA, exprimé en tant que vitesse en nanogrammes / mL / an, ou le temps de doublement du PSA, en mois ou en années.
Puis il continue:
-avant la reprise du traitement vous allez faire un bilan d'extension puis on se revoit après.
Il me fait trois ordonnances:
-un scanner TAP (Thorax, Abdomen et Pelvien)
-une scintigraphie osseuse
-une analyse du PSA pour le prochain rendez-vous
Je retrouve sa secrétaire pour les prises de rendez-vous. Le scanner se passera le 25 avril à l'Hôpital d'Avranches, la scintigraphie à la Polyclinique à Avranches et le rendez-vous avec l'urologue le 10 mai 2019.
Mon état d'esprit n'est pas au top !

Écrit le 14/04/2019

25 avril 2019 Scanner TAP à l'hôpital d'Avranches

J'ai rendez-vous à 14 h 45. L'enregistrement fait à l'accueil pour avoir ma fiche de circulation nous patientons devant la salle d'examen radiologique. Puis un infirmier vient me chercher à 15 h 00. Il me fait mettre en tee-shirt, regarde mes analyses de sang, je lui donne le questionnaire préalable à l'examen où j'ai pris soin de noter que je passais une scintigraphie le lendemain et il me conduit au scanner. Après mettre fait allonger sur la table mobile de l'appareil une infirmière essaie de me poser un cathéter dans le pli du bras gauche. Mais mes veines ne sont pas visibles, un autre infirmier arrive et commence à chercher mes veines au bras droit. Je leur dis que je passe une scintigraphie osseuse demain et que je voudrais bien avoir le bras droit intact. Ils s'y reprendront à trois fois avec un troisième infirmier pour réussir à poser ce cathéter. L'examen commence enfin sans le produit de contraste pendant cinq minutes. Puis un infirmier revient pour m'injecter le produit iodé et l'examen continue. Il durera une dizaine de minutes. Il me reconduit au vestiaire et je lui demande quand j'aurai les résultats. Il me répond que le médecin radiologue est très occupé et il me dit de patienter. Je retrouve Joëlle dans la salle d'attente. Je lui dis que ne suis pas sûr que le médecin radiologue a lu le questionnaire où j'ai noté que je passais une scintigraphie osseuse demain. Nous allons à l'accueil pour en savoir plus. La secrétaire va voir l'équipe de radiologie et revient nous dire de retourner au scanner et d'attendre. Cinq minutes plus tard un infirmier m'apporte le CD des radios pour la scintigraphie. Nous n'avons pas les résultats commentés du médecin radiologue, ils seront envoyés à mon urologue. Puis nous repartons un peu agacés.

26 avril 2019 Scintigraphie osseuse à la Polyclinique de la Baie à Avranches

J'ai rendez-vous à 8 h 30. Nous sommes en avance. La secrétaire m'enregistre et nous patientons. À 8 h 15, l'opératrice en radiologie, la même qu'en 2015, vient me chercher et me conduit à la salle d'injection du produit iodé de contraste. Je lui présente le bras droit en lui montrant les piqûres du bras gauche de la veille. Elle me demande si je viens pour la première fois et pour quelle raison je dois passer une scintigraphie. Je lui explique que mon taux de PSA progresse trop rapidement et qu'il y a sans doute une récidive biologique. Elle réussit l'injection du premier coup, je n'ai pratiquement rien senti et pourtant ma veine n'était pas visible! Je lui dis que j'étais déjà venu en 2015. "Bien, me dit-elle, on va pouvoir comparer, je viens vous chercher dans cinq minutes pour le premier cliché". Pendant l'attente, je ne peux m'empêcher de penser qu'il y a des personnels soignants plus compétents et motivés que d'autres. À 8 h 30, l'opératrice revient me chercher et m'installe sur la table mobile de l'appareil. La séance commence et dure une quinzaine de minutes. Puis elle me dit de revenir à 11 h 30 pour le deuxième cliché. Ce temps est nécessaire pour la fixation du produit sur les os.
Nous partons à la cafétéria du magasin Carrefour tout proche pour un petit-déjeuner bien mérité. Puis nous faisons quelques courses et repartons à la polyclinique. À 11 h 25, l'opératrice vient me chercher et m'installe pour le deuxième cliché qui dure 30 minutes. Puis elle me dit que le médecin ne pourra me recevoir tout de suite pour les résultats, car il est en réunion et me demande de revenir vers 14 h 30.
Nous retournons au Carrefour pour déjeuner. Puis nous allons dans la salle d'attente pour attendre le médecin. Nous ne sommes pas les seuls ! Visiblement, le médecin n'est toujours pas arrivé. Une personne commence à s'impatienter. À 15 h 00 un couple s'en va suivi par un autre. Nous ferons de même en passant par l'accueil pour avoir un rendez-vous pour les résultats. La secrétaire est gênée, mais elle ne peut nous donner de rendez-vous. Décidément, nous n'avons pas de chance avec les résultats. Nous repartons et dans la soirée le médecin nous appelle et nous présente toutes ces excuses pour ce contretemps. Il a regardé mes résultats et me dit que l'image de la scintigraphie est normale et semblable à celle de 2015. Je suis soulagé. Reste plus que les résultats du scanner.

Écrit le 28/04/2019

10 mai 2019 Rendez-vous avec l'urologue à l'Hôpital d'Avranches

J'ai rendez-vous à 11 h 30 avec le docteur N. M. Comme toujours Joëlle m'accompagne. Après l'enregistrement à l'accueil, nous prenons place pour patienter. Mon taux de PSA est passé à 4,07 ng/ml à la dernière prise de sang du 7 mai 2019, il a encore augmenté. Je suis angoissé depuis plusieurs jours, car je n'ai toujours pas eu les résultats du scanner et j'imagine le pire...pose d'un cathéter pour la chimiothérapie, hospitalisation pour ablation de la prostate, reprise de la radiothérapie etc. À 12 h 15, l'urologue vient enfin me chercher. Il commence par me dire que je vais reprendre l'hormonothérapie pour 18 mois et qu'après il y aura un arrêt du traitement pour voir si le PSA augmente. Puis il me dit que le scanner n'a rien révélé d'anormal ainsi que la scintigraphie osseuse. Je suis soulagé. On parle du Firmagon que j'ai stoppé depuis févier 2018 et me propose un autre traitement moins douloureux avec DECAPEPTYL L.P. 11,25 mg avec une injection dans l'abdomen tous les trois mois. J'accepte et il me fait une ordonnance pour six mois, soit deux piqûres, une ordonnance pour le taux de PSA à refaire et il me dire de revenir dans six mois. Je prends congé de lui et je vais voir sa secrétaire pour le prochain rendez-vous qui aura lieu le 8 novembre 2019.
Je retrouve Joëlle et lui raconte la consultation puis nous rentrons à la maison.

Écrit le 10/05/2019.

A suivre...

-États d’âme


2014-2018, États d’âme pendant la maladie et le traitement.

C’est dur de se dire que l’on va peut-être mourir…que tout va s’arrêter.

A l’annonce de ma maladie en décembre 2014 je suis plongé dans un océan d’incompréhension.
Qu’est-ce qui m’arrive?
Qu’est-ce que je vais devenir?
Dans mon esprit résonne encore la phrase fatidique de l’urologue:
-vous êtes atteint d’un cancer à un stade avancé.
Et puis, il faut réagir.
J’arrête de me poser des questions et Joëlle m’aidera à surmonter cette épreuve. Je refais surface prêt à combattre. Le bilan d’extension de la maladie va débuter en janvier 2015 et il faut que je sois prêt à l’affronter.

Le 7 janvier 2015 je passe le premier scanner de ma vie à Avranches pendant que l’équipe de Charlie Hebdo se fait massacrer à Paris. Je n’oublierai jamais cette journée noire et dans mon malheur mes pensées vont à ces journalistes qui sont morts pour leur liberté d’expression.
Écrit le 10 janvier 2016.

Comportement

Depuis le début de ma maladie je me suis aperçu que je devenais plus accessible et attentif vis-à-vis des autres. C’est vrai qu’avant j’étais assez distant et je me lier pas facilement avec mes contemporains. Maintenant je discute volontiers et souvent c’est moi qui engage la conversation avec des gens que je ne connais pas. Ecrit le 21/03/2018.

A suivre…

CE SITE A ÉTÉ CONSTRUIT EN UTILISANT